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La retouche et le développement

La retouche et le développement en photographie.

Depuis la photographie numérique, le profane  pense que le développement des images n’existe plus, relégué aux archives avec  les films argentiques, la pollution des produits chimiques et le laborieux travail de laboratoire.

Ce n’est pas tout à fait vrai. Certes les appareils numériques  permettent de déclencher et enregistrer l’image dans une carte mémoire immédiatement. Mais comme en photographie argentique, le fichier numérique a besoin d’une phase de « développement ». Le mot « développement » n’étant pas à prendre aux sens le plus strict.
Sans entrer dans la technique,  la majorité des capteurs numériques équipant les appareils  ne capturent que des densités de noir et de blancs et non directement une image en couleur.
Pour la création d’une image en couleur, on utilise a un système de filtres couleurs électroniques (filtre de Bayer par exemple), dont les filtres sont disposés en mosaïque sur le capteur. L’image ainsi obtenu à la prise de vue est une image composée d’une mosaïque réalisée à partir des trois couleurs de base, le rouge, le vert et le bleu.

Mosaique_de_Bayer

En mode standard, c’est à dire lorsque vous utilisez votre téléphone portable ou votre appareil photo numérique, c’est l’appareil photo lui-même, ou plutôt son processeur et le logiciel intégré qui vont recréer l’image en couleur à partir de cette mosaïque et  effectuer tout un ensemble d’opérations que l’on appelle développement.
En plus de la transformation de l’image mosaïque en image en couleur, le calculateur va intégrer les  réglages sélectionnés à la prise de vue, qu’il soit  par défaut, soit choisis par le photographe : Température de couleur, gestion des contrastes, application d’un filtre électronique de netteté, suppression du bruit électronique etc.

Pour l’utilisateur lambda, pas de problème mais professionnellement, il n’est pas possible de se contenter de ce type développement par défaut. Hormis pour des  images de presse ou le principal critère est la rapidité d’exploitation de la photo. Dans ce cas le photographe ne développe pas et se contente de transférer les fichiers Jpg à son agence.
Pour les autres domaines, le photographe va lui-même appliquer  les réglages les plus pertinents, image par image. Le tout en fonction du résultat qu’il souhaite obtenir et des conditions de prises de vue : Sujet, environnement, éclairage, heure de la prise de vue etc.
C’est ce qui va principalement différencier le professionnel de l’amateur.
Ainsi inutile de demander à un professionnel des images directement après une séance de prise de vue, les photographies  sont systématiquement développées en post-production.

Les appareils dit « experts » ou professionnels, disposent tous d’un mode permettant au photographe d’enregistrer la prise de vue en fichier brut et d’effectuer le développement en post-production.
Et ce n’est pas  le matériel ou la marque du boîtier utilisé qui compte mais la façon dont le fichier (l’image) va être traitée et développée par le photographe. D’ailleurs de nombreux compacts de qualité offrent cette possibilité.

En argentique nous avions un peu le même type de fonctionnement. Les différences de résultats entre une image traitée par un laboratoire photo grand public et développée de façon automatique et une image développée par un laboratoire professionnel étaient déjà flagrantes. Dans un cas le développement s’effectuait de façon automatique avec des paramètres par défaut. Dans l’autre cas, il était réalisé en fonction des indications du photographe et nécessitait un travail spécifique.

Pour obtenir les meilleurs résultats, le photographe professionnel utilise les fichiers bruts. Ces fichiers selon les marques d’appareils photos, il s’appellent RAW, NEF, ARW etc. « Raw » en anglais signifiant brut.

Ces fichiers contiennent toutes les informations capturées lors de la prise de vue. Ils possèdent plus d’informations qu’un fichier déjà développé comme le Jpg. Voir même plus d’informations qu’un écran actuel ou que des systèmes d’impression peuvent exploiter et permettent d’affiner les réglages de développement en fonction de chaque image afin d’obtenir le résultat optimal.

Pour le professionnel, le fichier brut ou Raw équivaut au négatif photographique argentique ou à la diapositive (Ektachrome). L’élément de base servant à créer l’image finale.

Depuis le numérique, le laboratoire photo s’est transformé. Les machines de développement ont été remplacé par des ordinateurs. L’agrandisseur et ses filtres pour la couleur ont été remplacé par des filtres électroniques. Les masques,  les crayons à retouches par  des logiciels, des stylos numériques et des tablettes graphiques.
Le travail est le même, tout au moins le fond du travail. Les règles de base de la photographie, de l’optique n’ont pas changé, seul l’outil a évolué.
Avant la photographie finale résultait d’un travail collectif  sous le contrôle du photographe : le photographe pour la prise de vue, le laboratoire pour le développement, le retoucheur et le tireur dans le cas d’un tirage photographique. Ou le photograveur pour des images destinées à l’édition publicitaire.
Le numérique offre au photographe la possibilité de gérer la chaîne complète, de la prise de vue à la retouche en passant par le développement.

Petit exemple de développement afin d’illustrer la différence entre une image développée automatiquement par l’appareil et enregistrée automatiquement en format jpg. Et la même photo en format brut, traitée en postproduction par le photographe.
Pour cet exemple j’ai choisi délibérément une prise de vue effectuée dans des conditions difficiles car l’objet d’art ne devait pas être déplacé. La prise de vue n’a pu être réalisée en studio mais avec un éclairage de très mauvaise qualité et dans de très mauvaises conditions.
L’image a été capturée en double exemplaire, l’une en jpg et développée par l’appareil, l’autre en format brut et développée en postproduction.

SONY DSC
Image jpg

SONY DSC

Image brute développée manuellement.

L’image développée manuellement a été légèrement recadrée et zoomée mais déjà  on se rend compte que le développement par défaut proposé par l’appareil se trompe sur le rendu colorimétrique du sujet. La température de couleur malgré l’utilisation d’un flash est erronée. Quand au détails et à la netteté, la différence est flagrante.

Les problèmes de développement sont plus importants  lorsque les conditions d’éclairage sont mauvaises, mélange de lumière, dérive des couleurs. Ou lorsque la lumière est trop dure : ombres marquées, contre jour.

En photographie de mariage, le travail à partir de fichiers bruts est indispensable. Pour ce type de prises de vue les conditions sont souvent mauvaises et impossible à maîtriser. Manque de lumière dans les églises et les Mairies, couleurs parasites dans les salles de mariages, contres jour et lumières écrasantes de l’été.

Pour s’en convaincre il suffit de regarder les photographies de mariées et d’observer la robe.

La plus part du temps au lien d’une robe, le photographe n’obtient qu’une grosse masse blanche surexposée.. Quid du tissu, de la texture ou des broderies.. La  superbe robe a laissé place à une masse informe et blanche..
Et il ne s’agit pas comme on peut lire sur certains sites de photographes « d’une vision artistique », « l’œil du photographe, de l’artiste » mais d’une photographie surexposée..
Malgré la technologie, les processeurs véritables ordinateurs embarqués dans les appareils photos, ceux-ci se trompent régulièrement dès que les conditions de prises de vue ne sont plus optimales..

La retouche d’image

Elle intervient après la phase de développement et fait parfois  partie intégrante du développement.
Difficile de savoir où commence l’un et où fini l’autre.

Le développement consiste comme en argentique à corriger plusieurs choses :
– la chromie et ainsi  obtenir les bonnes couleurs.
– A gérer les écarts de contraste en fonction de la destination finale de l’image : impression Offset,      numérique, image Web etc.
Comme en argentique, une fois la photo développée,  il peut être nécessaire de la recadrer  et d’estomper certaines parties de l’image avant d’effectuer le tirage . Il faut parfois appliquer des masques afin d’exposer plus oui moins telle ou telle zone et utiliser les mouvements de bascules de l’agrandisseur pour corriger certaines perspectives.
En numérique des contraintes des capteurs, il faut en plus améliorer l’impression de netteté et corriger les artefacts et bruits numériques.

La retouche véritable intervient lorsqu’il y a des modifications de l’image : Effacement d’imperfections, suppression de zones de l’image, suppression d’éléments pouvant perturber la visualisation de celle-ci  etc.

J’entends certains  photographes dire que retoucher une image c’est une aberration, avant cela ne se faisait pas.
C’est une sottise de penser que  retouches et manipulations ont inventé depuis le numérique.
Elles ont toujours existé mais n’étaient pas à la portée du photographe amateur n’ayant pas accès au outils des laboratoires couleurs. Et le surcoût de telles prestations ne réservait la retouche qu’aux images publicitaires, de mode ou aux portraits de personnalités.

Le photographe faisait réaliser les retouches par le laboratoire photo et par des retoucheurs professionnels, capables d’intervenir directement sur les négatifs.
Puis par le photograveur pour les photographies destinées à l’impression Offset (magazines, publicités, packaging etc.).

La retouche n’est pas une fin en soit, juste un outil nécessitant du temps et du savoir faire. Elle va être utilisée principalement pour des images non réalisées en studio et pour lesquelles, il n’est pas possible d’intervenir directement à la prise de vue.
En studio on agit en amont afin d’éviter au maximum le travail de postproduction. Lors d’une photographie de personnage par exemple, la maîtrise du maquillage et de la lumière évitent bien des retouches.

La retouche servira à compenser l’absence de lumière maîtrisable, l’absence de maquilleur professionnel et nous aidera à éliminer les petites imperfections ou corriger un maquillage existant.
Elle permet également de gérer la dynamique de l’image, les zones fortement contrastée afin de s’assurer que l’image sera exploitable par la suite pour une impression magazine, publicitaire ou un tirage photo de qualité.
On peut également utiliser classiquement la retouche  pour mettre en valeur le sujet et estomper des zones de l’images pouvant gêner la lecture de la photo.

Petit exemple de retouches simples et classiques en photographie de  mariage.

retouche mariage

Avant

SONY DSC
Après

Ici il s’agit de retouches de base. Pas question de transformer le personnage mais l’on peut à partir d’une photographie prise dans de mauvaises conditions : éclairage, disposition des personnes autour etc..
Là il a fallu estomper le fond, corriger le grain de peau et effacer les flashs des photographes présents sur la scène.

Exemple toujours lors d’un mariage, les prises de vue sont réalisées à la volée, les personnes ne posant pas. Et il peut être intéressant de vouloir isoler un personnage de son entourage. La photographie étant prise de nuit au flash, quelques retouches afin d’éliminer les éclats du flashs, améliorer le grain de peau, éclaircissement des yeux, cils et sourcils redessinés et éclaircissement léger des cheveux.

mariage1

mariage2

 

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Photographe professionnel Avignon Montpellier

Photographe professionnel entre Avignon Montpellier. Reportages corporate, architecture, intérieurs et déco, industriel, publicité, événementiels, portraits d'entreprises

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